Hokusai par Teshigahara

Le Hokusai de Teshigahara , un film de 1953, grand cinéaste parle de grand peintre, on y voit toute l’admiration d’un artiste pour un autre, une tentative de servir et d’aller au plus près en approchant la caméra de l’entaille dans le papier pour voir ce qui s’y cache, s’il y reste un peu de vie qui serait resté là, évidemment que oui , il semblerait que la source se soit mise à rejaillir loin de tout calme, sérénité ou excès de politesse japonaise, ça fuse.

Il y a toujours une puissance à vif dans les vies des peintres, je pense à Hogarth et sa vendeuse de crevettes, à Turner partant bougon sur le motif, à vif dans la lumière, les peintre sont exposés comme un corps de grenouille à la vue de tous, cela passe par l’esprit et par la main mais le dessin, le tableau une fois fait, vaut bien le cadavre vibrant et l’ouverte des entrailles de la grenouille. Hokusai rit Hokusai pleure dans ses dessins, il agite le doigt qui dit je suis vivant, et le plumeau et le pinceau et le crayon je ne puis disparaitre, regardez moi faire le pitre , regardez comme la vie est tumultueuse dans mes dessins, ne sont pas des vues zen de l’existence, n’ont rien de convenu , de répété, zen elles le deviendront avec l’age, mais voyez comme aujourd’hui je suis vivant.

finalcover_1Or tout était vivant dans ce Japon d’Edo, tout à la manière d’un homme orchestre, je pense à “parade” de Cocteau et Satie, la musique du shakuhachi, le chant et les voix, les intonations , l’énergie entièrement concentré dans le corps monte poussée vers la tête, dans la langueur et la force rude des scieurs de bois, fougue des foules, des acteurs de Kabuki ou de noh,  des chants à la distance mélancolique du Shakuhachi.
Il faut regarder ce film  comme on regarde une peinture, de manière inquiète et convulsive, comme les milles images d’un film qui condenserait l’œuvre dans une succession espérant dévoiler le mystère. On a rarement l’occasion de rentrer dans les mouvements d’une caméra et quant à la peinture, souvent on ignore qu’elle en a une, et il faut user de subterfuge,  pas à la façon rêveuse de Kurosawa plutôt le tumulte du peintre et de l’époque qui regarde, il peint et la camera  nous le fait songer, apparent aux yeux. Il y a du manga dans l’air, la carpe, on voit par ses yeux, tombe ou remonte le courant.

Hokusai, carpes dans la cascade

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